D’autres recherches sur les réactions sociales et médiatiques aux attentats

Au-delà de notre projet SENSI-TV-T, l’appel Attentats-Recherche du CNRS a sélectionné d’autres projets portant sur la dimension sociale et médiatique des attentats. Les membres du projet SENSI-TV-T auront à cœur de travailler et d’échanger leurs points de vue avec les équipes de ces projets dans le cadre de colloques ou de débats. Petit tour d’horizon de ces recherches…

Projet REAT – Recherches sur les réactions aux attentats

4818362_6_3a92_fleurs-et-bougies-en-hommage-aux-victimes-des_03335ff83e0284865ae07ba0952cd5e9L’objectif du projet REAT est de produire une sociographie fine des réactions suscitées dans la société française par les attentats de janvier et novembre 2015. Ce faisant, il entend contribuer à une meilleure compréhension de ce que les attentats font aux sociétés où ils surviennent, au-delà de ce qui relève de leur traitement médiatique et des réponses politiques qui y sont apportées, et à un affinement des concepts dont disposent les sociologues pour en rendre compte. Ce projet articule à cette fin trois volets empiriques :

  • des enquêtes ethnographiques menées auprès des lieux des attentats et des quartiers frappés, ainsi que dans une commune de la banlieue parisienne indirectement liée aux événements ;
  • une analyse à la fois quantitative et qualitative des modalités de réaction aux attentats sur les réseaux socio-numériques ;
  • une étude des hommages aux victimes déposés sur les lieux des attentats et des autres messages de soutien collectés à la suite des attentats. Sur ce dernier plan, le projet REAT se conçoit plus particulièrement comme une entreprise de valorisation scientifique du travail entrepris par les archives de Paris à la suite des attentats du 13 novembre 2015.

Inspiré du travail réalisé par l’équipe de l’« Archivo del Duelo » au Centro Superior de Investigaciones Científicas après les attentats de Madrid en 2004, ainsi que d’autres recherches du même type menées aux États-Unis après le 11-Septembre et au Royaume-Uni après les attentats de Londres en 2005, il vise enfin à structurer en France un groupe de travail sur la question des réactions sociales aux attentats en vue d’engager à plus long terme des échanges internationaux sur cette thématique de recherche.

Coordination du projet : Gérôme TRUC, chercheur associé à l’ISP (CNRS / ENS Cachan / Université Paris Ouest Nanterre) et au CEMS (Institut Marcel Mauss – CNRS/EHESS).

https://reat.hypotheses.org/

Deux chercheuses du projet REAT ont en outre lancé leurs propres blogs :

Chroniques sociologiques du « quartier du Bataclan ». Par Sarah GENSBURGER, chargée de recherches au CNRS (ISP), spécialiste du rapport au passé dans la société contemporaine. Sur son blog, soucieuse d’ouvrir la curiosité des publics au travail des sciences sociales, elle tient la chronique d’un quartier meurtri par les attentats en retranscrivant à chaud ses observations.

Ecrituresurbaines. Par Maëlle BAZIN, doctorante à l’Institut Français de Presse (CARISM, Université Paris II – Panthéon Assas). L’auteure de ce carnet de recherche observe, photographie, collecte et partage ses analyses des écritures exposées dans l’espace urbain, « ces « choses communes » – pour reprendre une expression de Georges Perec ».

Projet ASAP – Archives sauvegarde attentats Paris

Asap-2Les attaques qui ont frappé la France en janvier 2015, comme celles qui se sont produites à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015, ont donné lieu à une intense activité en ligne au cours des événements et dans les jours qui ont suivi. Celle-ci a émané à la fois de sites et d’organes d’information (avec notamment des fils d’informations en continu et des dispositifs de questions/réponses en direct), d’institutions (communication de crise de la RATP, du gouvernement, etc.) et des internautes, notamment via Twitter ou Facebook, sans compter les innombrables commentaires et débats dont cette communication a elle-même fait l’objet. Quelles sont les traces numériques laissées par cette réactivité aux évènements ? Comment envisager leur processus de captation et d’archivage en temps réel ? Comment documenter ce type d’archives et de corpus pour la recherche ? Que peut-on retirer de ces sources nativement numériques pour analyser ces événements au plan national et international, mais aussi pour saisir la participation des internautes, les formes d’expression en ligne et le rôle des réseaux socio-numériques au cours des journées et dans les semaines qui ont suivi, la communication de crise, ou encore les circulations médiatiques ? Prenant pour point d’appui les archives du Web, cette recherche interdisciplinaire (informatique, SIC, sociologie, histoire notamment) a pour ambition, en partenariat avec les équipes de la BnF et de l’Ina chargées notamment du DL Web, de documenter la collecte du Web et de Twitter au cours des événements, d’interroger les conditions et possibilités d’élaboration de corpus, et de faire ressortir les premiers éléments qui peuvent émerger de ces données massives entre histoire visuelle, approche quantitative et qualitative, TAL, cartographie de liens, sémiologie, ou encore médiologie, pour analyser la fabrique de l’événement en ligne.

Coordination du projet : Valérie SCHAFER (ISCC, CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC)

http://asap.hypotheses.org/

 

Projet Contre-discours radical. Analyse de la littérature djihadiste

stop-djihadisme-gouvernement-francaisCe carnet de recherche propose une analyse socio-sémiotique et critique des images et textes de propagande de Daesh en français, anglais et arabe. A travers ce travail d’analyse et de déconstruction du discours djihadiste véhiculé par la littérature des groupes radicaux, particulièrement Daesh, le projet entend sensibiliser aux techniques rhétoriques et propagandistes et participer ainsi à la diffusion d’un contre-discours radical auprès du grand public. Cette initiative propose donc de penser le phénomène djihadiste en délégitimant sa sacralisation par l’usage de la raison critique. Ce travail repose sur les approches critiques en sociologie,  sciences de l’information et islamologie dans un format semi-académique privilégiant délibérément de courts articles (par rapport  au format académique mais plus long et plus documentés que des articles de presse).

Coordination du projet : Hasna HUSSEIN, sociologue des médias et du genre, chercheuse associée à l’Observatoire des radicalisations (FMSH-EHESS, Paris)

http://cdradical.hypotheses.org/

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s